En France, un salarié sur cinq accompagne un proche fragilisé par la maladie, l’âge ou le handicap. Et pourtant, plus de 65 % de ces salariés aidants ne parlent pas de leur situation à leur supérieur hiérarchique. Ils jonglent en silence, entre les rendez-vous médicaux glissés sur la pause déjeuner ou sur les jours de congés, les démarches administratives du soir et la fatigue qui s’installe.
Depuis 5 ans, j’anime une formation « salariés aidants », née d’une demande du CNRS de Grenoble, porté par le service social et le service ressources humaines. J’y trouve un vrai plaisir : celui de rencontrer ces aidants, séance après séance, et de voir chez eux des éléments de vie se construire et d’autres se déconstruire. Ai-je le droit de moins faire pour mon proche ? Puis-je m’autoriser à demander un congé proche aidants, alors que ça ne va pas si mal ? …
Ce sont ces rencontres qui m’ont donné envie de vous en parler plus précisément, pour peut-être vous donner l’élan de la faire vivre dans votre entreprise, votre service, votre établissement. Je vous présente aussi sa formation « sœur », destinée aux managers.
L’aidance, cette part invisible de la vie professionnelle
Vous les côtoyez sans le savoir. Cette collègue qui décline systématiquement les réunions tardives parce qu’elle relaie l’auxiliaire de vie auprès de sa mère. Ce collaborateur qui semble ailleurs depuis quelques mois, absorbé par le diagnostic posé pour son enfant. Votre binôme qui refuse une promotion, pour être présent auprès de son conjoint malade.
L’aidance ne se voit pas, elle se vit. Et elle se tait, par pudeur, par loyauté envers le proche, par peur aussi d’être étiqueté comme moins disponible, moins fiable, moins promouvable.
Les impacts sont pourtant bien réels pour le salarié : manque de concentration, absences, présentéisme, évolution professionnelle compromise. À force de porter seul, l’aidant s’épuise.
Mais l’aidance n’est pas qu’une charge : elle forge aussi de véritables compétences psychosociales. Organisation, gestion des priorités, adaptabilité, écoute, gestion de situations de crise, ténacité face aux démarches complexes : autant de savoir-être et de savoir-faire directement déployables en entreprise.
Pour lui, être reconnu dans son entreprise n’est pas un luxe : c’est souvent la première marche pour souffler, s’organiser et durer.
Pourquoi les entreprises ont tout à y gagner
Pour l’employeur, prendre en compte ses salariés aidants n’est pas seulement un geste de bienveillance. C’est un enjeu d’organisation du travail, de cohésion d’équipe, de prévention des risques psycho-sociaux et de qualité de vie et des conditions de travail. C’est aussi un puissant levier de marque employeur et de politique RSE : une entreprise qui sait accueillir pleinement TOUS ses collaborateurs attire et fidélise. Avec le vieillissement de la population, le nombre de salariés aidants ne fera qu’augmenter. Les organisations qui s’y préparent aujourd’hui prennent une longueur d’avance.
Et les managers dans tout ça ?
Le manager est en première ligne, souvent démuni. Comment repérer une situation d’aidance quand le collaborateur n’en parle pas ? Que dire, que proposer, jusqu’où aller sans être intrusif ? Comment préserver l’équilibre de l’équipe ?
C’est pourquoi je propose également une formation destinée aux managers et responsables d’équipe. Elle leur apporte des outils concrets pour repérer les fragilités liées à l’aidance, connaître les dispositifs d’aide, valoriser les compétences que développent les aidants et construire un plan d’actions en leur faveur au sein de leur organisation. Les deux formations se complètent : l’une soutient directement les aidants, l’autre outille ceux qui les encadrent.
Ce qui rend cette formation singulière : trois postures réunies en une
Beaucoup de sensibilisations à l’aidance existent. Ce que je propose est différent et cette différence tient à mon parcours et à qui je suis.
J’ai d’abord été assistante sociale et responsable de service social hospitalier : vingt ans auprès des patients et de leurs familles, au cœur des politiques sociales et des dispositifs médico-sociaux. Puis j’ai été consultante en libéral auprès des aidants, que j’accompagnais dans leurs démarches et leurs questionnements. Je suis enfin coach professionnelle certifiée, formée à la mobilisation des ressources personnelles. À cela s’ajoute une pratique régulière d’animation de groupes de parole d’aidants : parents d’enfants en situation de handicap, proches de personnes en perte d’autonomie.
Cette triple posture change tout. Je connais le système médico-social de l’intérieur, je connais le quotidien des aidants par leurs propres mots, et je dispose des outils du coaching pour aider chacun à mobiliser ce qu’il a déjà en lui.
Ma formation n’est ni un cours magistral sur les aides, ni un atelier de bien-être hors sol : elle tient les deux bouts.
À ces trois postures s’en ajoute une quatrième, plus intime : je suis moi-même aidante. Je connais ce vécu de l’intérieur et le travail que j’ai mené sur ma propre place, sur les adaptations nécessaires pour le vivre au mieux, nourrit directement ma façon d’accompagner.
Chaque séance en deux temps : comprendre le système, se renforcer de l’intérieur
C’est le cœur de ma pédagogie, et elle découle directement de mes expertises.
Chaque module s’articule en deux parties.
Un premier temps thématique : décoder l’aidance et le système médico-social
Politiques sociales du handicap et de la vieillesse, protections juridiques pour entourer ses proches, droits spécifiques de l’aidant et droit commun en entreprise, aides financières, humaines et de répit, acteurs ressources du territoire. Autant de dispositifs précieux mais illisibles pour qui n’est pas du sérail. Les participants parlent du « parcours du combattant ». Je traduis ces dispositifs en langage clair et directement applicable : qui contacter, quand, avec quel dossier. Et lorsque l’entreprise dispose d’un service social, je propose d’associer l’assistante sociale au module consacré aux aides : je présente le droit commun, elle présente les droits spécifiques à l’entreprise, comme le don de jours. Les salariés découvrent ainsi un service social et des dispositifs internes dont ils ignoraient parfois jusqu’à l’existence. Certains modules explorent aussi les réalités intimes de l’aidance, celles dont on parle peu : l’inversion des rôles dans la relation aidant-aidé, l’épuisement personnel et professionnel, la sensibilisation au deuil blanc.
Un second temps pour cultiver ses ressources internes
En regard de chaque thématique, je propose ensuite des notions issues du développement personnel et du coaching : accueillir et nommer ses émotions plutôt que de les subir, clarifier ses valeurs pour faire des choix alignés quand tout semble prioritaire, identifier ses besoins, apprendre à poser ses limites, repérer ses forces et ses propres modes de communication. Ces notions sont explorées à travers des expérimentations ludiques de connaissance de soi et de communication interpersonnelle, en séance et entre les séances.
L’objectif : que chacun reparte avec des billes concrètes, des ressources internes activables dans les moments délicats du quotidien, auprès de son proche comme au travail.
Le groupe lui-même est un levier : un espace sécurisé entre pairs, où chacun s’exprime en confiance parmi des personnes qui connaissent les difficultés liées au statut d’aidant.
Pour beaucoup, c’est la première fois qu’ils en parlent librement.
Des bénéfices concrets pour les salariés aidants
À l’issue des huit modules, les participants savent reconnaître leurs propres signes d’alerte de fragilité, avant que l’épuisement ne s’installe. Ils connaissent les dispositifs d’aide pour eux-mêmes et pour leur proche, et savent solliciter les bons interlocuteurs, dans l’entreprise comme à l’extérieur. Ils osent communiquer sur leur statut d’aidant au travail, avec des mots choisis et sans se mettre en difficulté. Ils sortent de l’isolement grâce au groupe, et repartent avec des outils pour préserver un équilibre durable entre vie professionnelle et vie personnelle.
Une séance de retour d’expérience, deux mois après la fin de la formation, permet d’ancrer les acquis : ce qui a changé, les réussites, les difficultés, et l’ajustement des outils aux besoins de chacun.
Cinq ans d’expérience au CNRS de Grenoble
Cette formation est née d’une demande du CNRS de Grenoble, qui la propose à ses agents aidants depuis maintenant cinq ans et un sixième groupe démarre à cette rentrée !
Les questionnaires de satisfaction affichent 100 % de participants satisfaits, session après session. C’est, je crois, le signe que cette approche en deux temps répond à un vrai besoin : comprendre le système et se comprendre soi-même. Et il y a plus parlant encore que les questionnaires : des salariés s’inscrivent aujourd’hui parce que d’anciens participants leur en ont parlé. Ce bouche-à-oreille entre collègues est sans doute la plus belle marque de confiance qui soit.
La formation salariés aidants dans votre entreprise ?
Vous êtes responsable RH, dirigeant, manager, ou salarié aidant qui aimerait voir ce sujet porté dans son organisation ? La formation salariés aidants, comme celle destinée aux managers, se déploie en intra-entreprise, à partir de six participants, selon deux formats au choix : en visioconférence intégrale, ou dans une formule mixte avec une première journée en présentiel regroupant deux modules, puis la suite du parcours en visio. Elles s’adaptent aux réalités de votre structure, qu’il s’agisse d’un organisme public, d’une entreprise privée ou d’un établissement du secteur sanitaire et social.
Le plus simple est d’en parler ensemble : je vous propose un échange découverte gratuit, en visio, pour cerner vos besoins et imaginer le format le plus juste.
Au plaisir d’échanger sur vos besoins !
Pour aller plus loin
- Ma formation pour les salariés aidants
- Mon accompagnement pour les acteurs de la santé et du social
- Mon accompagnement auprès des proches aidants
- Prendre rdv avec moi !
