Ce que la souffrance des soignants dit vraiment – Étude SPS 2026

La souffrance des soignants en chiffres : une étude qui dit l’essentiel

La souffrance des soignants occupe une place croissante dans le débat public. Mais derrière les discours, que disent vraiment les données ?

Une étude publiée ce printemps dans la revue Santé publique apporte des réponses concrètes : elle analyse 8 ans d’appels à la plateforme SPS, le dispositif national d’écoute psychologique dédié aux professionnels de santé, entre 2016 et 2024.

34 920 appels. 330 verbatims rédigés par les psychologues après chaque entretien. Une méthode rigoureuse, menée par des chercheurs de l’Université de Montpellier et de l’École polytechnique.

En 2016, la plateforme recevait 220 appels.
En 2024 : 7 005.
Une progression annuelle moyenne de 54 %, avec un bond au moment du Covid qui ne s’est jamais inversé.

Ces chiffres disent deux choses à la fois : oui, la souffrance est réelle et croissante. Mais ils disent aussi que les soignants osent davantage l’exprimer, chercher de l’aide, mettre des mots sur ce qu’ils vivent, sortir du silence.

Qui appelle et quand ?

Les appelants sont à 69 % des femmes, avec un âge moyen de 34 ans. Les trois professions les plus représentées sont les infirmiers (14,4 %), les aides-soignants (9,3 %) et les médecins (7,9 %). Les soignants de première ligne, ceux qui sont au plus près des patients au quotidien, sont largement surreprésentés. Ce n’est pas un hasard.

Ce qui interpelle aussi : 29 % des appels ont lieu la nuit, entre 22h et 8h. 14 % le dimanche. La souffrance ne prend pas de repos. Elle s’exprime quand le service est fini, quand les collègues ne sont plus là, quand il n’y a plus que le silence.

Mon regard de terrain

Avec 20 ans d’expérience dans le secteur médico-social, dont 10 ans comme responsable de service social en milieu hospitalier, j’ai vu cette réalité de l’intérieur. J’ai vu des collègues s’effacer progressivement, sans que personne ne trouve les mots pour le nommer. J’ai moi-même traversé des périodes où la frontière entre engagement et épuisement devenait floue.

C’est cette expérience qui m’a conduite vers le coaching professionnel. Pas pour répondre à la souffrance avec des outils mais pour créer un espace où vous pouvez vous retrouver, clarifier ce qui se passe et retrouver les ressources qui sont déjà en vous.

La cause n°1 de la souffrance ? Pas ce qu’on imagine

On pourrait croire que ce qui épuise les soignants, c’est avant tout la confrontation à la mort, le poids émotionnel du soin, les patients en crise. L’étude dit autre chose.

Les chercheurs ont identifié trois types de déterminants dans les verbatims : individuels, organisationnels, environnementaux. Et la répartition est sans ambiguïté : les difficultés organisationnelles arrivent largement en tête, représentant 42,4 % des déterminants identifiés, une proportion stable depuis 2017 et en hausse absolue.

Ce que ça recouvre concrètement :

  • La surcharge chronique de travail
  • Le manque de reconnaissance
  • La dégradation du climat au sein des équipes
  • Le faible soutien institutionnel et managérial
  • La charge administrative croissante

Ce n’est pas la nature du soin qui épuise en premier. C’est le contexte dans lequel il s’exerce.

Les autres déterminants, en hausse eux aussi

Les déterminants environnementaux : pénurie de personnel, agressivité des patients, incivilités, réformes successives, représentent près de 15 % des causes en 2023-2025, contre 3,7 % seulement en 2017. L’hostilité du contexte d’exercice pèse de plus en plus.

Les déterminants individuels (isolement, troubles du sommeil, difficulté à déconnecter, peur de ne pas être à la hauteur) ont eux aussi progressé, passant de 8 % à 23 % entre 2017 et 2025.

La souffrance est multifactorielle, systémique. Plusieurs fronts à la fois. Et c’est précisément ce qui la rend si difficile à reconnaître de l’intérieur, on ne sait plus très bien ce qui appartient à quoi.

Une alerte particulière : les étudiants et jeunes professionnels

L’étude pointe une vulnérabilité spécifique des étudiants en santé et des jeunes professionnels. Jusqu’à 52 % présentent des symptômes anxieux, et 21 % ont déjà exprimé des idées suicidaires en 2024.

La souffrance ne commence pas après des années de pratique. Elle commence dès la formation, avec la confrontation à la mort, à l’urgence, à la violence parfois, sans toujours avoir les ressources pour y faire face, et avec un sentiment de non-reconnaissance qui s’installe très tôt.

Si vous êtes en début de carrière et que vous vous reconnaissez dans ces mots : ce n’est pas une faiblesse. C’est un signal.

Coaching des soignants : agir sur le système et sur soi

Les deux niveaux sont nécessaires

Les auteurs sont explicites dans leurs recommandations : la réponse doit combiner interventions organisationnelles et soutien individuel. Pas l’un ou l’autre. Les deux ensemble, à des niveaux différents.

Ce que ça dit : soigner la souffrance, ça se fait à deux niveaux. Sur le système et sur soi. Les deux sont nécessaires. Les deux se renforcent.

Ce que le coaching apporte au niveau individuel

Le coaching professionnel ne remplace pas une organisation défaillante.
En revanche, il peut vous aider à :

  • Clarifier ce qui vous appartient et ce qui relève du système
  • Retrouver de l’ancrage et de la clarté quand tout semble flou
  • Identifier ce que vous voulez vraiment : continuer, changer de poste, partir ?
  • Poser des limites sans vous sentir coupable
  • Prendre des décisions qui vous ressemblent

Le coaching d’équipe : agir au niveau organisationnel

Pour les structures de santé : centres de santé, MSP, EHPAD, services hospitaliers, j’accompagne aussi des équipes entières. Parce que quand c’est l’organisation qui génère la souffrance, c’est à ce niveau qu’il faut intervenir : travailler la cohésion, clarifier les rôles, restaurer la confiance entre pairs et avec l’encadrement.

C’est l’autre levier, complémentaire à l’individuel, que l’étude SPS appelle explicitement dans ses recommandations.

Les signes qui méritent attention

L’étude décrit une aggravation progressive : troubles du sommeil, charge mentale qui déborde, sentiment d’isolement, difficulté à déconnecter, peur de ne pas être à la hauteur. Ces signes apparaissent souvent bien avant que la situation devienne critique.

Voici ce que j’observe fréquemment dans les accompagnements :

  • Vous pensez au travail en dehors du travail, presque tout le temps
  • Vous avez du mal à vous souvenir de ce qui vous avait motivé à choisir ce métier
  • Vous savez très bien pourquoi vous avez choisi ce métier, et aujourd’hui ce choix vous met à mal
  • Vous vous sentez irritable ou indifférent là où vous étiez engagé
  • Vous faites le minimum pour tenir et vous vous en voulez de ça
  • Vous en faites au contraire toujours plus pour retrouver le sens de votre engagement
  • Vous avez l’impression que personne ne comprend vraiment ce que vous vivez

Si plusieurs de ces points vous parlent, ce n’est pas le moment de serrer les dents. C’est le moment de prendre un espace pour vous.

Un espace pour vous retrouver

Je propose un accompagnement en coaching professionnel, entièrement en visio, pensé pour les soignants et les professionnels du social. Un cadre confidentiel, à votre rythme, qui s’adapte à vos contraintes de planning.

Un rdv de 30 minutes gratuit, pour se rencontrer, qui permet de voir si ça a du sens pour vous.

→ Réserver ma séance découverte gratuite

Pour aller plus loin

Burn-out infirmiers : 7 signaux d’alerte et solutions

Coaching en visio pour soignants : fonctionnement et avantages

Analyse des pratiques professionnelles : un espace pour penser ensemble

Et bien sûr, le site internet SPS :

Institut SPS

Numéro vert 0 805 23 23 36

  1. 2 juin 2026 - Répondre

    […] Ce que la souffrance des soignants dit vraiment – Etude SPS 2026 : https://emmanuellerivoire.fr/ce-que-la-souffrance-des-soignants-dit-vraiment-etude-sps-2026/ […]