Le Serment d’Augusta : le podcast qui nourrit les soignants

Vous écoutez des podcasts en voiture, entre deux gardes, pendant une pause ? Je vous propose de découvrir un podcast pour soignants qui sort vraiment du lot. Le Serment d’Augusta n’est pas un podcast de développement personnel de plus, ni une série feel-good sur le burn-out soignant. C’est une production rigoureuse, documentée, parfois inconfortable, qui interroge ce que signifie soigner aujourd’hui. Et qui peut changer, en profondeur, la façon dont on regarde sa propre pratique.

J’en écoute beaucoup, des podcasts dédiés au monde de la santé. Peu atteignent ce niveau d’ambition intellectuelle. Voilà pourquoi je voulais vous en parler.

Qu’est-ce que le Serment d’Augusta ?

Un projet né d’un besoin de sens et de partage pour les soignants et les soignés

Le Serment d’Augusta est une série audio documentaire coproduite par la Sorbonne Université et la Fondation AP-HP. Elle est portée par deux auteurs aux profils complémentaires : Olympe de Gê, réalisatrice spécialisée dans le consentement et les relations de soin, et le Professeur Emmanuel Flamand-Roze, neurologue à Sorbonne Université. Ensemble, ils interrogent la relation soignant-soigné, ses déséquilibres, ses angles morts, ses possibles.

La série est libre d’écoute sur toutes les plateformes. Les épisodes durent entre 45 minutes et 1h30 selon les sujets traités. Cette durée n’est pas un défaut : c’est précisément ce qui permet à chaque thème d’être déplié, d’accéder à une profondeur rare dans le format audio. Elle convoque des témoignages de soignants, de patients, de philosophes, de sociologues, de juristes.

Pourquoi ce nom ?

Augusta Klumpke était la première femme reçue au concours de l’Internat des hôpitaux de Paris. Pionnière en neurologie, elle a dû forcer des portes que personne ne lui ouvrait. Remettre son nom en circulation, c’est déjà dire quelque chose : la médecine a une histoire, et cette histoire n’est pas neutre. La série s’inscrit dans ce mouvement de regard critique sur les fondations du soin.

Des sujets pour les soignants, traités avec une intelligence fine

Je prendrai soin de moi comme je prends soin des autres : le paradoxe soignant

C’est l’un des épisodes qui m’a le plus touchée, évidemment 🤗
Il pose une question que beaucoup de soignants portent en silence : comment aller bien soi-même quand on a choisi d’accompagner les fragilités des autres ? Dans une culture professionnelle qui valorise l’endurcissement et le détachement émotionnel, la présence répétée à la souffrance crée des micro-traumatismes difficiles à nommer. Comment demander de l’aide ? Où l’exprimer ? Ces questions, les médecins et les soignants peuvent les contourner pendant des années.

C’est précisément ces territoires que j’explore dans mon travail de coaching professionnel auprès des soignants : comment sortir de la culture de l’invulnérabilité sans renier ce qui a motivé le choix du métier ? Comment concilier ma vie professionnelle, ma vocation, mon engagement avec ma vie personnelle, familiale ?
L’épuisement professionnel ne commence pas le jour où tout s’effondre. Il commence bien avant, dans des signaux que la charge émotionnelle du quotidien rend invisibles.

La grossophobie en médecine : nommer ce qu’on fait sans le savoir

Un épisode percutant qui traite des biais grossophobes dans le monde médical. La question n’est pas anodine : lorsqu’une personne grosse consulte pour une cheville douloureuse, combien de fois est-ce son poids qu’on traite en premier ? L’épisode montre comment ces biais, souvent inconscients, dégradent la prise en charge. Et comment les soignants peuvent commencer à les déconstruire.

Ce n’est pas moralisateur. C’est factuel, documenté, et ça laisse de la place pour penser. Ce sujet, qui touche médecins et soignants à égal, est rarement traité avec autant de finesse dans un format audio. L’efficacité pédagogique de cet épisode a d’ailleurs été évaluée dans une étude publiée dans la revue Obesity Facts.

La vieillophobe : regarder en face ce qu’on préfère ignorer

La deuxième saison aborde le vieillissement avec une lucidité qui dérange. Dans une société qui valorise performance et vitesse, le corps vieux dérange. La série donne la parole à ceux qui vieillissent, qui chutent, qui renoncent, mais aussi à ceux qui les soignent. Elle questionne nos représentations collectives du déclin et propose d’envisager la vieillesse non comme une dégradation, mais comme une autre configuration de soi.

Pour les professionnels de santé en EHPAD, en gériatrie, en soins à domicile : cet épisode résonne. Il ne dit pas quoi faire. Il aide à comprendre ce qu’on fait déjà et pourquoi ça compte.

Les biais cognitifs et l’esprit critique : s’entraîner à douter sainement

Un épisode entier est consacré à l’esprit critique en médecine. Comment distinguer le vrai du faux dans un univers sur-informé ? Comment tester ses intuitions cliniques, quand on est médecin ou soignant ? Comment éviter de confondre croyance et preuve ? Avec, entre autres, l’illustration avec la gestion de la COVID …
La série n’apporte pas de réponses simples, elle entraîne à poser les bonnes questions. C’est précieux. C’est rare.

Soigner en prison : les oubliés du soin

Un épisode qui s’aventure là où peu de regards se posent : la santé en détention. Comment soigne-t-on derrière les murs ? Comment accède-t-on aux soins quand on est incarcéré ? Et pour le soignant qui exerce en milieu pénitentiaire : quelle place, quelle liberté d’action, quelle déontologie dans un environnement carcéral contraignant ?

C’est l’une des forces de cette série : interroger le soin là où il est invisible, là où la société préfère ne pas regarder. Pour des soignants habitués à porter des injonctions contradictoires, cette question de l’exercice en milieu contraint résonne bien au-delà de la prison.

Ce qui rend cette série vraiment singulière

La diversité des sujets, dans un même fil directeur

Le Serment d’Augusta fait quelque chose de différent : il traverse des registres très variés : grossophobie, vieillissement, violences sexistes à l’hôpital, fin de vie, racisme médical, troubles fonctionnels, burn-out soignant …, tout en maintenant une cohérence de fond. Chaque épisode interroge la même question centrale : comment soigne-t-on ? Comment vit-on le soin ? En quoi, moi, soignant, je prends le temps de me questionner sur mes pratiques ?

Cette amplitude n’est pas une dispersion. C’est ce qui permet à chaque soignant de trouver un point d’entrée qui lui parle, quel que soit son terrain, son service, son histoire.

Un travail documentaire sérieux

La série convoque des chercheurs, des philosophes, des juristes, des sociologues, des patients, des militants. Chaque affirmation est ancrée dans des sources vérifiables. L’efficacité pédagogique du podcast a été démontrée dans une étude publiée dans Medical Education Online, et l’épisode sur la grossophobie a fait l’objet d’une publication spécifique dans Obesity Facts.(https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/10872981.2024.2367823?src=exp-la https://karger.com/ofa/article/doi/10.1159/000547818/935964/Addressing-Explicit-Weight-Bias-in-Medical )
Une démarche d’évaluation exceptionnelle pour un podcast, qui confirme que le format audio peut véritablement faire bouger les représentations.

Une série qui parle aux soignants sans les flatter

Il y a des podcasts qui font du bien parce qu’ils valident. Le Serment d’Augusta fait du bien parce qu’il stimule. Il ne vous dit pas que vous faites un métier formidable et difficile. Il vous demande de regarder ce que vous faites, vraiment. Et ça, pour des professionnels de santé qui ont choisi ce métier par conviction, c’est bien plus nourrissant.

Un podcast qui ouvre un espace de réflexion sur sa pratique soignante

Ce qui me touche dans cette série, c’est qu’elle ouvre quelque chose de rare dans une journée de soignant : la possibilité de suspendre l’action pour penser. Penser sa pratique, ses automatismes, ses angles morts. La durée des épisodes, parfois une heure et demie, n’est pas un obstacle. C’est précisément ce qui permet à chaque sujet de se déployer vraiment, d’atteindre une profondeur que le format court ne peut pas permettre.

Et de ma place de coach, je suis évidemment en accord avec ces espaces pour soi, avec soi, pour s’ouvrir et se grandir de l’intérieur. C’est d’ailleurs une ressource que j’utilise volontiers en coaching professionnel avec vous soignants.

Le Serment d’Augusta explore des questions que je porte dans mon travail d’accompagnement avec vous, professionnels de la santé et du social, comme :

  • Comment rester au contact de ses valeurs de soignant quand le système pousse dans une autre direction ?
  • Perte de sens au travail, épuisement émotionnel qui s’alourdit : à quel moment commence-t-on à prendre soin de soi ?
  • Sentiment d’isolement, de travail empêché, de vocation mal reconnue : est-ce une fatalité ?
  • Fatigue de compassion, micro-traumatismes du quotidien : comment continuer à être présent sans se vider ?
  • Évolution de carrière, transition, changement de cap : comment y voir plus clair sans renier ce qui compte ?

Ces questions, on peut les traverser seul.
On peut aussi choisir de les travailler dans un cadre dédié, coaching professionnel individuel, analyse des pratiques professionnelles ou codéveloppement.

Des espaces où ce qui se vit dans l’urgence peut enfin être regardé au calme.

Pour cela, je vous propose de nous rencontrer, lors d’une séance découverte gratuite, en visio.

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Pour aller plus loin

Burn-out infirmiers : 7 signaux d’alerte et solutions

Coaching en visio pour soignants : fonctionnement et avantages

Analyse des pratiques professionnelles : un espace pour penser ensemble

Et bien sûr, la série elle-même :

Accéder au Serment d’Augusta